La Santé intégrative partie 2

1 novembre 2021

AQI

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La Médecine intégrative et les Médecines complémentaires et alternatives (MAC)

Dans ce deuxième blogue sur la Santé alternative, nous allons expliquer les différences fondamentales entre la médecine conventionnelle et les médecines complémentaires ou alternatives, aussi appelées les MAC (médecines alternatives et complémentaires). Puis nous examinerons les grandes tendances actuelles de la Médecine Intégrative tant en Amérique qu’en Europe francophone.

Le 3e et dernier blogue portera spécifiquement sur la QuantaPratique et la Santé intégrative.

Nous avons vu, dans le Blogue 1 sur la Santé intégrative que :

  1. Cette conception de la santé humaine perçoit la personne dans sa globalité en prenant en considération ses dimensions physique, émotionnelle, mentale, sociale et spirituelle;
  2. est orientée sur le mieux-être global et la santé optimale et vise à la fois la prévention et le traitement curatif (soulagement, soutien, guérison).
  3. A donné naissance à la Médecine Intégrative, qui préconise la combinaison d’approches thérapeutiques conventionnelles avec des approches complémentaires et alternatives (MAC) et qui prend en compte le mode de vie de la personne (alimentation, exercice, sommeil, gestion du stress, relations interpersonnelles, etc.).
  4. Cette médecine cherche à enlever les barrières qui bloquent la réponse innée de guérison du corps et elle est personnalisée. 

Définitions des types de médecines impliquées dans la Médecine intégrative

Voici ce qui distingue essentiellement ces trois types de médecine. Ce sujet pourrait faire l’objet d’une thèse tellement il est ample. Nous nous limiterons ici à brosser un portrait pour permettre de mieux comprendre ce qui les différencie. L’objectif n’est pas de déterminer quel type de médecine est le meilleur mais simplement d’illustrer à grands traits ce qui caractérise chacun car chaque type de médecine présente des bienfaits importants.

La médecine conventionnelle est axée sur le traitement des pathologies et le soulagement des symptômes. Elle utilise essentiellement des technologies biomédicales, la chirurgie et des médicaments allopathiques. En Occident, c’est la médecine classique, enseignée dans les Facultés de Médecine pour former des Médecins habilités à diagnostiquer, prescrire médicaments et traitements, opérer, etc. Elle est fondamentalement axée sur la maladie et basée sur la science moderne. Variant selon les pays, elle est prise en charge totalement ou partiellement par les pouvoirs publics et elle est dispensée dans un réseau de services publics (ex. hôpitaux) et/ou privés (ex : des cliniques privées).

Exemples de médecine conventionnelle pour traiter la douleur : des médicaments allopathiques tels la cortisone, des chirurgies pour mettre des prothèses, etc.

La médecine dite complémentaire regroupe des approches ou des thérapies diverses non conventionnelles et qui offrent des services ou des avantages complémentaires à des traitements médicaux standards. Ce type de médecine ou thérapies est normalement appliqué par des thérapeutes dûment formés dans des Écoles ou Instituts spécialisés. Ils ne sont pas autorisés à faire des diagnostics mais ils sont qualifiés pour appliquer la méthode de soins apprise.

Ces thérapeutes peuvent intervenir dans le réseau des services publics après autorisation mais on les retrouve généralement plutôt dans les services privés (ex cliniques privées, travailleurs autonomes). Selon les pays, leurs services peuvent être pris en charge par les pouvoirs publics (en partie ou en totalité) et sont parfois remboursés par des compagnies d’assurances.

Ces thérapies présentent habituellement les avantages suivants : peu ou pas d’effets secondaires, traitement très personnalisé, écoute importante, implication du patient/client, bienfaits tangibles et variés, focus sur le soulagement des symptômes mais aussi sur les changements à apporter dans sa vie pour prévenir ou réduire les problèmes de santé, etc. Une approche plus holistique que dans la médecine conventionnelle les distingue également, la médecine conventionnelle ayant tendance à être plus concentrée  sur des symptômes ou sur des parties du corps à guérir.

Blogue AQI- Santé int. 2

La médecine complémentaire CAM est utilisée avec le traitement médical standard mais n'est pas considérée en soi comme un traitement standard. Un exemple est l'utilisation de l'acupuncture pour aider à réduire certains effets secondaires d’un traitement médical conventionnel.

Ex. de Médecines complémentaires pouvant être utilisées conjointement avec la médecine conventionnelle pour traiter la douleur : massothérapie. Ostéopathie, chiropraxie, méditation, huiles essentielles, acupuncture, etc. 

La médecine alternative regroupe des médecines traditionnelles et des approches qui veulent offrir une  alternative importante par rapport à la médecine conventionnelle. Certaines de ces médecines sont des médecines officielles dans des pays; ex : la médecine chinoise et la médecine ayurvédique. Tout comme la médecine conventionnelle en Occident, elles sont administrées par des médecins dûment formés dans des Écoles de médecine. La médecine chinoise comprend l’acupuncture, le Chi Gong, une diététique et une pharmacopée spécifiques. En Occident, c’est l’acupuncture qui est la thérapie la plus connue et utilisée.

Les médecines alternatives tout comme certaines médecines complémentaires peuvent apporter des bienfaits significatifs aux individus souffrant de maladie chroniques.

D’autres thérapies sont classées dans la catégorie Médecines alternatives parce qu’elles reposent sur une approche très différente de la médecine conventionnelle tout en n’étant pas associées spécifiquement à des médecines «nationales». Ex. la naturopathie, l’homéopathie, des thérapies énergétiques ou quantiques, etc. Dans le cas des médecines énergétiques, on retrouve un concept majeur qui n’est pas pris en compte par la médecine conventionnelle : le concept de l’énergie qui circule dans et autour du corps. Dans le cas des médecines quantiques, on retrouve des applications de la physique quantique au vivant.

Dans certains cas, certaines médecines dites alternatives peuvent être utilisées en tant que médecines complémentaires à la médecine conventionnelle.

Après ce bref résumé sur les types de médecine qu’on peut retrouver dans la Médecine intégrative, faisons maintenant un survol des grandes tendances qui se dessinent actuellement dans ce domaine.


2. Les grandes tendances en Santé intégrative (et son corollaire, la Médecine intégrative)

Cette approche de la santé est en pleine expansion tant en Amérique qu’en Europe. Elle semble répondre aux besoins d’une partie importante de la population qui désire un modèle de soins plus personnalisé, plus proche du patient, plus à son écoute. Beaucoup de gens souhaitent aussi jouer un rôle plus actif par rapport à leur santé plutôt que d’être  passifs et en attente des décisions des professionnels de la santé. Également, les thérapies alternatives et complémentaires sont de plus en plus recherchées car elles répondent à des besoins et ont fait leurs preuves. De nombreux sondages démontrent tant en Amérique qu’en Europe qu’une partie importante de la population y a recours.

Au cours des dernières années, on a pu constater que le concept devenait de plus en plus large. On parle de santé globale, de mieux-être global, de soins complets pour la personne, de médecine holistique, etc. Est-ce un retour du balancier? Après avoir vécu une forte tendance vers la spécialisation, les sociétés sentent le besoin d’aller davantage vers le travail multidisciplinaire. Du côté de la médecine conventionnelle, on voit de plus en plus d’intérêt des professionnels pour une humanisation de la médecine et pour un travail en équipe. Ce constat est aussi très répandu dans la population en général.

La médecine conventionnelle fait l’objet de critiques un peu partout. Il lui est reproché de ne pas assez considérer l’individu dans sa totalité, de trop se concentrer sur les symptômes à traiter, d’être trop médicamenteuse, trop coûteuse, de manquer d’empathie, de limiter l’accès à d’autres formes de thérapies, etc.

Il serait fastidieux de mentionner tous les colloques et les congrès qui se sont tenus ou se tiendront sur le vaste thème de la Santé intégrative. Ils sont clairement un signe de l’intérêt des professionnels et de la population. Ex. de thèmes été traités durant des Colloques nationaux ou internationaux : l’anxiété en temps de pandémie, le cancer, la douleur, le stress, l’Alzheimer, etc. Ex. d’approches ou de pratiques mises de l’avant : la méditation, l’acupuncture, les plantes médicinales, les neurosciences, les pratiques corps-esprit, etc.

Les définitions de la Médecine intégrative

En fait, la Médecine intégrative est définie de la même façon un peu partout dans le monde. C’est la juxtaposition de la médecine conventionnelle avec des médecines alternatives et complémentaires (les MAC) dans le but de proposer aux individus des services pouvant les aider à prendre soin d’eux et à optimiser leur santé à tous points de vue. Cela concorde avec la définition de la santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette conception intègre la spiritualité, dimension grandement négligée en médecine conventionnelle car jugée non scientifique.

La Médecine intégrative ne se limite pas au curatif ou au traitement des maladies ou des symptômes. C’est une médecine axée sur la guérison, qui tient compte de la personne dans son ensemble (corps, esprit et âme), incluant tous les aspects du mode de vie. Elle repose sur le postulat que  le corps (et l’esprit) a la faculté inhérente de se guérir. Il faut donc éliminer les obstacles à la guérison et favoriser le processus de guérison.

Cette médecine met l’accent sur la relation thérapeutique et a recours à toutes les thérapies appropriées, tant conventionnelles qu’alternatives. Elle se concrétise par deux ou plusieurs interventions telles que la médecine conventionnelle, les changements de mode de vie, la psychothérapie, les approches de santé complémentaires, les thérapies énergétiques, etc., en mettant l'accent sur le traitement de la personne dans son ensemble.

L’OMS recense plus de 400 disciplines en Thérapies complémentaires ou alternatives, médecines douces, parallèles ou non conventionnelles. Mais elles sont loin de toutes être reconnues pour faire partie de la Médecine intégrative.

Ce qui varie selon les pays, c’est justement le type de MAC reconnues pour en faire partie.

Aux États-Unis

La liste la plus complète des MAC reconnues pour faire partie de la Médecine intégrative se retrouve aux États-Unis, ce qui n’est pas étonnant puisque c’est le pays le plus avancé dans ce domaine. Il a créé, il y a  maintenant 20 ans, le NCCIH, le Centre national de la médecine complémentaire et intégrative, une agence du gouvernement, pour étudier et promouvoir la médecine intégrative. Sa mission est de déterminer, grâce à une investigation scientifique rigoureuse, l’utilité et la sécurité des approches de santé intégratives dans l’amélioration de la santé et des soins de santé.

C’est cette Agence qui a élargi la définition de la Santé intégrative pour inclure la santé globale de la personne afin de développer plus d’autonomie chez les individus, les familles et les communautés aux niveaux de la santé biologique, comportementale, sociale et environnementale. Rappelons les MAC reconnues par le NHI (voir le Blogue 1 sur la Santé Intégrative à ce sujet)

Les approches MAC reconnues dans la Médecine intégrative, selon le National Health Institute des États-Unis :

  1. Les systèmes médicaux parallèles à la médecine occidentale : la médecine chinoise, la médecine ayurvédique, la naturopathie, l’homéopathie, etc.
  2. Les approches corps/esprit : ex : le yoga, la méditation, la musicothérapie, l’hypnose, etc.
  3. Les approches biologiques : la nutrition, les produits naturels, l’herboristerie, etc.
  4. Les approches de manipulation physique : l’ostéopathie, la chiropractie, la massothérapie, etc.
  5. Les traitements énergétiques : le Qi Gong, le Reiki, le toucher thérapeutique, les soins énergétiques variés, etc.

Au Canada et au Québec

Le domaine de la Médecine intégrative n’est pas, comme tel, réglementé mais, dans la pratique, on retrouve les mêmes cinq approches qu’aux États-Unis. Mentionnons de plus l’Association des intervenants et thérapeutes en médecines alternatives et complémentaires (le RITMA) qui existe depuis 1984 et regroupe quelque 3000 thérapeutes professionnels en Massothérapie, Orthothérapie, Kinésithérapie, Naturopathie et Ostéopathie et autres médecines alternatives et complémentaires. Le RITMA n’utilise pas le terme de Médecine Intégrative mais, dans les faits il promeut les MAC et représente ses membres auprès de l’Office des professions, des compagnies d’assurances ainsi qu’auprès des différents paliers gouvernementaux. L’Académie des QuantaPraticiens est un membre accrédité du Réseau.

En France et en Suisse

L’État reconnaît ce qu’on appelle de façon générale, les médecines douces : l’acupuncture, la phytothérapie, l’homéopathie, la kinésithérapie, l’aromathérapie, l’ostéopathie et la naturopathie. Mais le Conseil national de l’Ordre des Médecins n’admet que 4 disciplines : l’homéopathie, l’acupuncture, l’ostéopathie (y inclus la chiropraxie et la kinésithérapie) et la mésothérapie. Cela permet de retrouver ces services au sein des hôpitaux et cliniques.

Le C.U.M.I.C. existe depuis quelques années. C’est le Collège universitaire des Médecines Intégratives et complémentaires. Sa mission est de promouvoir la formation, la recherche et l’innovation dans le domaine de l’approche intégrative.

Certaines MAC ont fait leur entrée dans les hôpitaux en France et en Suisse (et probablement dans d’autres pays d’Europe). En France, en plus des 4 disciplines admises par l’Ordre des Médecins, on retrouve l’aromathérapie dans des hôpitaux, en médecine complémentaire. Un inventaire plus complet serait à  réaliser pour avoir un portrait exhaustif de ce qui se passe en France.

En Suisse, à Lausanne, le Centre de médecine intégrative et complémentaire (CEMIC). Les médecines complémentaires sont maintenant reconnues dans la Constitution suisse.

La Médecine Intégrative dans les hôpitaux

Les MAC ont commencé à être pratiquées dans des réseaux publics de soins. Exemples : le Reiki dans plusieurs hôpitaux de l’Ontario (Canada) et aux États-Unis

Pour le moment, il s’agit souvent d’initiatives ponctuelles, d’essais, d’expériences, mais on sent que cette tendance à permettre l’utilisation de certaines MAC dans les réseaux de santé publique va se développer car les résultats jusqu’à présent sont bénéfiques.

Conclusion

La Santé intégrative et la  Médecine intégrative sont en plein essor. L’approche multidisciplinaire, l’ouverture à des médecines différentes qui offrent des soins conventionnels et/ou complémentaires et/ou alternatifs aux individus, une conception de la vie et de la santé plus holistique, une approche plus axée sur la guérison que sur la maladie, l’humanisation des soins, une plus grande place au patient/client dans la prise en charge de sa santé globale, etc., toute cela représente une tendance forte qui ne saurait que se développer dans l’avenir. Après une longue compétition entre la médecine conventionnelle et les MAC, le temps est à la réconciliation, à une véritable communication et au travail conjoint, pour le plus grand bien-être des personnes et des collectivités.

Bien sûr, il faut s’assurer que les intervenants en soins soient bien formés et que les thérapies soient sérieuses et rigoureuses.

Les thérapeutes qui sauront naviguer dans ce contexte seront très sollicités et appréciés.